Christian Bekamenga  » Quand tu galères, tu te demandes si ton téléphone n’est pas en panne »!


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A trois journées de la fin du championnat de Ligue 2, Troyes est officiellement champion et sera l’an prochain sur les pelouses de Ligue 1. Arrivé de Laval au mercato d’hiver, le Camerounais Christian Bekamenga a fait partie de l’aventure. A 28 ans, il va désormais retrouver le haut niveau après bien des péripéties.
Cet homme a souvent pris les chemins de traverse. Et son retour en Ligue 1 est presque un petit miracle. Comme beaucoup de footballers, sa carrière n’a pas été linéaire. Né à Yaoundé, Christian Bekamenga, 28 ans, a parcouru des milliers de kilomètres pour vivre son rêve. S’il a été formé dans un petit club de sa ville natale, à 18 ans, il a vite pris la poudre d’escampette pour aller jouer en Asie grâce à son agent de l’époque. « Pour un Africain, aller à l’étranger c’est quelque chose de magnifique, raconte-t-il. C’était plus qu’un rêve. Vous savez en Afrique ce n’est pas toujours ça. Moi je voulais juste une chose, réussir ».
« La Ligue 1 c’est le top ! »
Pour Christian Bekamenga, les débuts sont excellents et son premier exil est une réussite. « Je gagnais mieux ma vie qu’en Afrique ». L’adaptation est rapide. En Malaisie, il fait monter son club en première division et obtient même un titre de meilleur joueur étranger. Après trois saisons, il passe une année en Indonésie où il gardera le souvenir d’un peuple qui adore le football et le sport en général. « C’était génial, les stades étaient pleins et tout le monde n’arrivait pas à entrer ».
Alors que ses performances sont convaincantes en sélection espoir avec les Lionceaux indomptables, le FC Nantes lui ouvre les portes de l’élite en 2008. Christian Bekamenga goûte pour la première fois à la Ligue 1, avant de faire deux saisons dans l’échelon inférieur. « La Ligue 1 c’est le top. C’est plus médiatique. Il a plus d’engouement. Là vous êtes reconnu comme footballeur. On veut se montrer, on est motivé on veut tout déchirer ». Il ajoute : « En Ligue 2, il y a des endroits qui sont loin d’être excitants. Vous n’avez qu’une envie, c’est que ça se termine vite pour rentrer. »
Repartir à zéro…
Alors que tout roule, un choix de carrière va ruiner tous ses efforts. Il décide de partir en Grèce au Skoda Xanthi (2011). « J’arrive et le coach est viré. Je ne joue pas et mon salaire n’est pas payé. C’était super compliqué et c’était un très mauvais choix de ma part », regrette encore aujourd’hui Bekamenga. Ensuite, c’est le début d’une traversée du désert. Il n’arrive pas à trouver de club. Le voilà reparti à zéro en signant en National avec l’US Orléans. « Le football va vite. Je suis parti en Grèce et on m’a aussitôt oublié. Ça a été difficile de rebondir. J’avais le niveau pour jouer en Ligue 1, mais malheureusement tout ne dépendait pas de moi. J’ai dû tout recommencer pour qu’un coach me donne ma chance. Pour un attaquant, il faut claquer des buts. Pour que l’on parle de vous, il faut marquer ».
Après un passage à Carquefou (National) et une saison avec 17 buts en 33 matches, il s’offre une place pour l’échelon supérieur, à Laval. Dès lors, c’est la Ligue 1 qu’il a dans la tête. Mais il trouve le temps long, et veut quitter Laval. En 2014, il est à deux doigts de s’engager en Tunisie, avec le Club Africain, qui renonce finalement au recrutement après la visite médicale. « C’est une grande chance de ne pas avoir été pris. Sincèrement, je n’avais pas trop envie d’y aller. C’est vrai que j’avais envie de changer d’air et de quitter Laval. Mais je n’avais rien de concret à par le Club Africain. Je me rends compte aujourd’hui que ça n’aurait pas été le bon choix ».
« C’est un miracle d’être encore là »
Depuis le mercato d’hiver, Christian Bekamenga a tout donné pour réussir avec Troyes. « Je suis content de mon présent (sic). C’est un miracle d’être encore là ». Si lui parle de miracle, son coéquipier et ami Franck Grandel, gardien de but, y voit plutôt la marque d’un grand professionnel. « Il venait tout juste d’arriver et à la fin d’un entraînement il m’a demandé s’il pouvait faire des frappes devant le but. J’étais surpris. C’était la première fois que je voyais un joueur qui arrivait et qui prolongeait son entraînement. Ce jour-là, c’est le coach qui l’a arrêté, car on était la veille du match », explique-t-il.
Pour Franck Grandel, Christian Bekamenga est « un gars bien » qui montre toujours son envie de faire le mieux possible. La preuve, la saison dernière, Grandel a encaissé un doublé de la part de Bekamenga lors d’un match entre Laval et Troyes ! « À cause de toi, j’ai perdu ma place (rires) », lui a-t-il gentiment rappelé à son arrivée. Autre particularité entre les deux hommes, ils ont joué dans le même club en Grèce, mais pas au même moment. Ce qui rapproche les deux joueurs, c’est aussi leur expérience. « Quand tu galères, tu te demandes si ton téléphone n’est pas en panne. Personne n’appelle. On a beaucoup galéré tous les deux et c’est peut-être pour cela que l’on s’entend bien. Je suis content pour lui et il est content pour moi », témoigne Franck Grandel.
Christian Bekamenga raconte volontiers que le passé « est derrière lui » et qu’il « veut vivre le présent ». La saison prochaine, sur les pelouses de Ligue 1, près de six années après son premier passage dans l’élite, il aura une nouvelle chance.

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